CA Paris 13 novembre 2025 n°25/03115, CA Paris 18 décembre 2025 n° 25/04270
Aucun contentieux n’y échappe désormais : le salarié fait souvent appel au RGPD pour solliciter de l’employeur la communication de ses données personnelles. Cela facilite son accès à des informations nécessaires à sa défense et lui permet ainsi de constituer un dossier plus solide.
Rappelons que l’article 15 du RGPD permet au salarié de demander à son employeur une copie de ses données personnelles, sous réserve que ce droit ne porte pas atteinte aux droits et libertés d’autrui.
Mais certains employeurs restent réticents à donner libre accès à ces données dans la mesure où certains salariés utilisent ce droit pour obtenir massivement des documents à des fins probatoires dans le cadre d’un procès judiciaire.
S’il est vrai que la Cour de cassation, dans un arrêt du 18 juin 2025 (n° 23-19.022), a considéré que les courriels professionnels émis ou reçus par le salarié constituent des données à caractère personnel au sens du RGPD., la Cour d’appel a, quant à elle, souhaité encadrer ce droit d’accès.Au cas particulier, la Cour rappelle que :
Recommandations : les employeurs doivent appréhender ces décisions lorsque des demandes leur sont faites au titre du RGPD et adapter leur réponse de manière pragmatique. Aucun refus total ne peut être envisagé mais pour autant, un droit d’accès général peut être refusé si le salarié n’explicite pas les raisons de sa demande. L’employeur doit, ainsi, opérer comme la Cour d’appel et s’assurer d’un équilibre entre protection des données personnelles des salariés et réalité opérationnelle des entreprises. Attention toutefois, ce raisonnement ne vaut pas pour une demande formulée au titre de l’article 145 du CPC, pour lequel une protection renforcée n’a pas encore été nuancée par un juge !
