Cass. soc. 14 janvier 2026, nos 23-19947, 24-13778 24-19583
Souvenons nous de la dernière flashnews « peut-on tout se dire ? » (11 avril 2024) : nous vous y rappelions que s’agissant d’une liberté fondamentale, le licenciement d’un salarié pour un motif lié à l’exercice non abusif de la liberté d’expression est nul.
Au cas particulier, la Cour de cassation a décidé de faire du bruit puisqu’elle prend le parti de publier ces trois arrêts sur son site, assortis du rapport du conseiller et de l’avis de l’avocat général.
Au cas particulier, la Cour de cassation entend rappeler :
Que s’est-il passé ?
La Cour de cassation prend le soin de détailler la méthodologie que les juges doivent appliquer, à savoir celle de déterminer si la sanction infligée était nécessaire et proportionnée au but poursuivi.
Dans le cas de la caricature, la Cour avait notamment reproché aux juges d’appel de ne pas avoir examiné le contexte dans lequel les deux dessins avaient été remis au RRH.
Quelle avait été la publicité donnée à ces dessins avant le licenciement ? Le RRH avait-il effectivement été atteint dans son honneur ? En d’autres termes, le « trouble » et le « mal-être » invoqués par l’employeur étaient-ils avérés ?
Autant de questions qui permettent d’apprécier la légitimité, ou non, de la parole donnée par le salarié.
Recommandations : La Cour de cassation nous apporte ici une grille de lecture, et l’employeur doit donc s’y attarder avant de prendre toute décision qui pourrait porter atteinte à la liberté d’expression. Ainsi, il faut déterminer, au préalable, la teneur des propos tenus, le contexte dans lesquels ils ont été dits, leur impact sur le fonctionnement de l’entreprise mais également les conséquences négatives causées à l’employeur. Autant de garde fous difficiles à lever, rendant, une fois encore, cette liberté d’expression quai absolue. Nul doute que les employeurs doivent rester vigilants, les conséquences de l’imprudence étant la nullité du licenciement. Mais il est appréciable d’avoir une pluralité de critères, la teneur des propos tenus ne pouvant pas être appréciée de manière identique, la sensibilité de chacun variant selon les expériences et la personnalité.
